LYCÉE FRANÇAIS INTERNATIONAL GEORGES POMPIDOU

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AEFE

LYCÉE FRANÇAIS INTERNATIONAL GEORGES POMPIDOU

Visite du site archéologique de Masafi (Fujeirah)

Date du projet : jeudi 23 novembre 2017

Présentation générale : Visite du site archéologique de Masafi

Objectif pédagogique : Initiation à l'archéologie, étude des civilisations anciennes

Nom du responsable du projet : Émilie Wahi, Youri Billet

Dans la continuité de leur projet de classe, portant sur l’étude du patrimoine archéologique des Émirats, les élèves de CM2 de l’école de Sharjah ont eu l’énorme privilège de visiter le site archéologique de Masafi (situé près de Fujeirah).

Un site découvert en 2003 par la Mission archéologique française sur lequel cinq campagnes de prospections et de fouilles ont déjà été menées depuis 2007.

Le site s’étend sur près de 4km et se concentre sur la découverte d’un « habitat » datant de l’âge de fer (1er millénaire avant JC).

Pour permettre aux élèves de comprendre en quoi toutes les fouilles réalisées aident les chercheurs à reconstituer l’histoire des peuples anciens, le paysage de l’époque ou encore les échanges commerciaux qu’il y a pu exister dans cette région, la visite du site a été effectuée à travers cinq ateliers :

  • la fouille d’un habitat (observation et croquis)
  • la géoarchéologie (études et relevé des couches de terre)
  • la céramologie (étude et dessin des céramiques / remontage et collage de vrais tessons)
  • le tamisage
  • le système d’irrigation de la palmeraie

 

La fouille d’un habitat

Au cours de cette activité, l’équipe d’archéologues a présenté aux élèves ce à quoi ressemblait le site de Masafi avant et après les fouilles, mais surtout comment ils s’y prennent pour trouver des morceaux d’objets et comprendre leurs origines.

L’équipe a ainsi montré aux élèves quelques « pièces » retrouvées sur le site telles que : des fragments de coquillages, une pointe de fer en bronze, des bouts d’os, etc. Des objets qui sont collectés, étiquetés méticuleusement et enregistrés avant d’être apportés à des spécialistes chargés de découvrir ce à quoi servaient ces objets et définir l’époque à laquelle ils datent.

 

Les élèves ont aussi pu apprécier l’une des découvertes réalisée par l’équipe à savoir la présence d’un foyer (espace spécialement aménagé pour y faire du feu) qui confirme, pour les chercheurs, l’hypothèse que le site de Masafi était un village constitué de petites maisons. Ils ont par la suite pu en déduire que l’agencement en hauteur sur une colline rocheuse et sous forme de terrasses, permettait aux habitants de surveiller la zone et de cultiver l’oasis située en contre-bas de leurs habitations.

La géoarchéologie

 

Cet atelier a permis aux élèves de voir comment les archéologues procédaient pour réaliser un plan du site de fouilles. Ces derniers ont ainsi expliqué aux enfants comment en plaçant des repères colorés et numérotés, ils arrivaient à générer un modèle 3D du site de ruines.

Ensuite, ils leur ont expliqué comment le fait de mesurer la hauteur des différentes couches de terre, les aidait à mieux comprendre le site de fouilles et surtout à déterminer l’époque des objets trouvés.

La céramologie

Tout autour de la zone « habitat », les archéologues ont pu collecter de nombreux tessons : petits morceaux de céramiques  qui permettent de trouver des renseignements sur les activités quotidiennes des anciens habitants de Masafi et les échanges commerciaux qui existaient à l’époque (en trouvant par exemple des objets fabriqués avec différents types de pâte à poterie).

Le système d’irrigation de la palmeraie

Lors de cet atelier, l’équipe explique aux élèves que le site de Masafi est situé au cœur de la chaine de montagnes Al Hajjar et qu’ils ont eu besoin d’étudier les méthodes d’irrigations, d’élevages et de cultures d’autrefois pour comprendre l’organisation et l’évolution des paysages. Grâce à ce qu’ils ont trouvé dans le sol,  Ils ont pu déterminer que la palmeraie produisait des dattes (présence de palmiers) mais aussi des fruits (présence de jujubiers, de bananiers) et des céréales (blé, orges). Ils ont aussi pu démontrer que, malgré les faibles précipitations dans la région, l’oasis était irriguée grâce à des nappes d’eau présentes à des centaines de mètre de profondeur du sol (la présence de « tuf », une roche de type poreuse, leur a ainsi permis par exemple de trouver d’anciennes sources d’eau).

Le tamisage

Le tamisage du sédiment collecté sur le site de ruines permet de découvrir par exemple des traces de charbon de bois et donc d’utilisation du feu, différents types de graines qui peuvent donner des informations sur le mode d’alimentation ou les méthodes d’agriculture, des plantes, des os d’animaux (chèvres, souris, etc.) qui permettent d’aider à reconstituer le paysage du passé et l’évolution des territoires depuis l’âge de fer.

Une visite passionnante et très enrichissante qui a permis aux élèves de faire un véritable bond dans le passé. Un grand merci à l’équipe d’archéologues et aux professeurs pour avoir organisé cette sortie exceptionnelle !